Pawn takes Bishop (2007) est une création de l’artiste Peter Gibson, mieux connu sous le pseudonyme de Roadsworth. Situé au parc Émilie-Gamelin, l’œuvre peinte au pochoir est constituée de damiers d’échec géant s’intégrant aux carrés de granit de la place centrale. Réalisé grâce au financement d’art public Vill’Art Marie et du groupe Dada Art actuel, elle fut instaurée afin de redonner vie à un endroit déserté du centre-ville. Comment, la reprise des codes du jeu et de ses notions contribue à l’anonymat de Pawn takes Bishop face à son statut d’œuvre d’art? Nous étudierons la question sous trois aspects distinct soit; la diffusion de l’œuvre, la réception du public et l’indécidabilité qu’elle provoque.
Pawn takes Bishop est en contradiction directe avec notre relation face à l’art muséal, en plus d’être facile d’accès et gratuite, elle entretient un contact directe et physique dans son dialogue avec le spectateur. En effet, celui-ci est invité à marcher directement sur ” la toile” de Roadsworth. Au niveau de sa diffusion, l’œuvre est située dans un parc public ou elle est incorporée au lieu sous forme d’un jeu d’échec au niveau du sol. Les damiers simplement peints sur le granit, sont automatiquement associés par les spectateurs aux tracés faits dans une cours d’école comme par exemple, ceux de marelle. Nous pourrions le qualifié d’objet Tricsker[1] et c’est justement ce qui vient brouiller les pistes de sa réception car, il y a ici coexistence de deux réalités; jeu et art. L’œuvre invite les gens à participé de façon interactive entre eux. Elle accorde une place privilégiée à son spectateur, contrairement à l’art traditionnel qui se place souvent au premier plan. Ici Roadsworth met en scène l’être qui l’observe. Installation In situ sans cadre signalétique, Pawn takes Bishop résiste à l’identification grâce à sa discrétion. En effet, par sa réalisation à l’aide de moyen simple (pochoir) et par sa volonté de mimétisme du jeu, l’œuvre reste anonyme pour la plupart de ses visiteurs. Elle est exposée sans que son titre ou son auteur ne soient cités comme il serait identifié dans un musée, voici une raison du sentiment d’indécidabilité chez le spectateur qui a besoin pour la plupart du temps, de ses formalités afin d’orienter sa compréhension.
En axant son travail sur la reprise des codes du jeu d’échec et en proposant au public de participer à l’expérience sans lui mentionner visuellement ses qualités artistiques, l’œuvre de Roadsworth rappel l’importance de questionner l’utilisation du lieu. Premièrement, mise en place pour redonner vie au parc Émilie-Gamelin et créer un sentiment d’appartenance chez les montréalais, l’œuvre introduit un élément surprenant dans un environnement uniforme et prévisible. Selon Roadsworth; «Déclarer son existence c’est la chose la plus naturelle au monde, surtout dans le milieu urbain qui essai d’homogénéiser notre identité »[2]. Si l’expression de l’être est viscéral afin de se différencier de la masse en arts visuels en est-il de même dans les autres disciplines ou bien est-ce exclusif au domaine artistique ?
Bibliographie
Article de périodique :
- Caron, Jean-François, «La face cachée de la ville», Le Voir, Septembre 2007.
- Paré, Isabelle, «Un échiquier géant pour la place Émilie-Gamelin», Le Devoir, Mai 2007.
Site internet :
- Roadsworth (site officiel), www.roadsworth.com, visité le 8 octobre 2009.
- Les beautés de Montréal, www.lesbeautesdemontreal.wordpress.com/page/17/, visité le 4 octobre 2009.
Télédiffusion :
- Mange ta ville, L’urbanité, saison 1, Artv.
- Mange ta ville, L’espace publique, saison 4, Artv.
- Bons baisers de France, Radio Canada.
Radiodiffusion
Vous êtes ici rencontre, Peindre la rue, 13 novembre 2008, Radio Première
[1] Jean-Philippe Uzel, « Les objets tricsker de l’art actuel », dans L’indécidable, écarts et déplacements de l’art actuel, sous a direction de Thérèse St-Gelais, Montréal, Éditions Esses, 2008, p.39-50.
[2] Entrevue à l’émission Mange ta ville, L’urbanité, saison 1, ARTV
” En effet, par sa réalisation à l’aide de moyen simple (pochoir) et par sa volonté de mimétisme du jeu, l’œuvre reste anonyme pour la plupart de ses visiteurs. “…
ça c’est sûr car les dessins au pochoir de l’artiste on été complètement effacé et non rafraichis. D’ailleurs sur la photo que tu nous présente ils ne sont pas présent non plus, il ne reste plus que l oeuvre de DADA Diffusion.