L'art public : études de cas

Le blog des étudiants du cours FAM4500 (UQAM)

Continuum 2009 par Julie Grégoire

DSCN0016

Photo de  Julie Grégoire prise d’une photo d’une affiche située au Centre d’information du Parc Bellerive

 

L’oeuvre sculpturale décrite ci-dessous s’intitule Continuum 2009 et sera accessible au public (on ne peut la voir présentement) de façon permanente à partir de l’automne 2009 au Parc Bellerive. Le matériau de fabrication est l’acier corten dont le fini est d’une couleur roussie. L’oeuvre est conçue comme un cadre de grande dimension (7,7mX 3mX 3,05m) avec un espace central libre. Elle fut réalisée par Roland Poulin à la mémoire de Pierre Perrault, grand poète et cinéastre québécois. Comment peut-on définir la relation de la présence de Continuum par rapport au contexte géographique (physique et humain) dans le protocole de réception? Les notions de déverrouillage sensoriel, d’adaptation transdisciplinaire et d’environnement générique sont dans ce cas-ci inter reliés.

La démarche in situ fut de rendre indissociables l’oeuvre et le fleuve St-Laurent qui est à proximité. L’aspect « Land art » se concrétise par la voie fluviale, la nature, l’environnement humain et géographique et par la respiration du « grand air ». À ce niveau il y a un déverrouillage sensoriel par le fait que l’oeuvre se trouve dehors. Ainsi conçue, l’oeuvre permet de « cadrer » le fleuve et le paysage humain qui défile devant nos yeux comme au cinéma… Pour réaliser son oeuvre, il fallut que Poulain se réfère aux recherches de Pierre Perrault sur «le visage humain d’un fleuve sans bon sens». Roland Poulin fit référence plus précisément aux « Voitures d’eau » (long métrage fait à Ile-aux-coudres, de 110 min. 33 sec., 1968) portant sur la rencontre des constructeurs/navigateurs de goélettes de bois face aux navires de fer: un monde en déclin où la technologie renverse tout. Par l’oeuvre Continuum 2009 , on en fait une invitation à redonner à la culture québécoise son histoire à travers une « fenêtre », le contraire d’une oeillère. Cette adaptation transdisciplinaire du film de Perrault touche à la perception qu’a une communauté d’elle-même. On s’approche ainsi de l’imaginaire d’un peuple, de son territoire, de sa langue, de sa vie, de ses sensations, c’est-à-dire qu’il y a un usage générique de l’environnement et du sens collectif. On s’emmitoufle d’un contexte comme d’un objet au coeur de l’oeuvre. En effet, il s’établit un lien physique avec Continuum: on peut soi-même se mettre en scène en s’assoyant sur le cadre de l’oeuvre: une appropriation du corps présent qui fait référence à des personnages de cinéma, s’incarnant à travers le médium de la sculpture in situ. Cet hommage est, du point de vue de la forme physique de la sculpture, plutôt moderne. C’est dire que le modernisme s’exerce toujours ici à une époque postmoderne. Mais justement, l’absolu nouveau n’est plus un critère, la réalité présentée n’est pas utopique, il y a une relation directe qui s’effectue entre l’art et la vie. Aussi, ce en quoi cette sculpture n’est pas uniquement moderne, c’est qu’elle ne discalifie pas le passé pour avantager le futur.

En conclusion et pour tenter de répondre à la problématique: par la mise en contact visuel à notre environnement, et même si la sculpture était absente, n’y a-t-il pas de toute façon un engagement social? est-ce que finalement elle est pratiquement un prétexte à parler du vécu des gens d’ici? Et bien en guise de réponse, une citation: comme le disait Bourriaud: «les lieux de convivialité, l’ensemble des modes de rencontre et de l’invention des relations, représentent aujourd’hui des objets esthétiques susceptibles d’être étudiés en tant que tel, allant au-delà de la simple consommation esthétique». Le présent projet anthropologique nous convoque à prendre part à ce que le présent nous donne, pour renforcir, ajouter ou modifier notre rapport sensible au monde, dans un lieu convivial.

NB: la sculpture n’était pas encore installée lorsque j’ai voulu la voir, mais j’ai visité le site avec grand intérêt et de façon minutieuse.

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Un commentaire»

  ASSEM wrote @

J’ai commencé à écouter votre commentaire sur Rose fleur mais la version que j’ai trouvé est corrompue et je n’ai pas pu aller à la fin. j’espère échanger avec vous la dessus, car le regard que l’on peut porter sur mon premier livre m’intéresse.
merci


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