L'art public : études de cas

Le blog des étudiants du cours FAM4500 (UQAM)

Simon Bouchard et Justin Lortie : Titre inconnu, par Sachiko Sumi

Arrête sur image : Vincent Lortie

Arrête sur image : Vincent Lortie

Le collectif d’artistes, formé de Simon Bouchard et de Justin Lortie, Vient à présenter, lors d’une tournée des Laurentides et de l’île de Montréal, un projet d’installation architecturale composé d’un trampoline de calibre olympique emboîté par un volume polygonal fait de silicone et de polyuréthane. Cette pièce, dont le titre n’est pas encore annoncé, réfléchit sur l’ironie qui entoure la sculpture du parc lorsque son rôle est détourné vers le dispositif urbaniste. Nous verrons comment l’ironie du détournement se présente au niveau du contexte de diffusion, de la matérialité et de la médiation du projet.

Tout d’abord, leur projet met l’accent sur les relations interdisciplinaires comprises dans la relation la sculpture avec son environnement. Leur dispositif recherche des caractéristiques architecturales précises: des voies de passage dont le flux est détourné par un muret, une clôture ou une dénivellation quelconque. Pour pallier à ces irritants, les gens sont invités à bondir sur la sculpture, les propulsant rapidement au-delà de leur blocage, si toutefois leur capacité physique le permet. Ce système donne lieu à quelques ratés que nous pourrions interpréter comme une revanche de la sculpture de parc utilisant l’interaction l’ayant elle-même contrainte à un formalisme évacuant tout détail susceptible de ne pas résister aux intempéries ou encore aux assauts d’enfants téméraires.

À première vue, rien ne laisse supposer une telle interaction; la sculpture semble avoir été taillée dans un seul bloc, son volume polygonal imite plusieurs sculptures publiques faites de béton ou d’acier de type « char d’assaut ». C’est lors du contact tactile avec la pièce que les matériaux dévoilent une masse constituée de mousse de polyuréthane soutenue par une armature de PVC, le tout recouvert d’une membrane de silicone blanche. Sous le poids d’un individu, la masse géométrique s’étire, se courbe pour reprendre sa forme après avoir évacué l’utilisateur sous un agréable son de flop. Ses matériaux, principalement utilisés par l’industrie du moulage, ce qui laisse induire une possible production sérielle, auraient été choisis principalement pour leurs caractéristiques mécaniques: élasticité, résistance, durabilité, entretien, etc., faisant du dispositif un objet sécuritaire.

Dernièrement, l’approche médiatique choisie par les artistes, la tournée, ironise la relation qu’aurait le public avec une oeuvre de type participative. N’ayant pas annoncé leurs escales, ce qui élimine la présence volontaire d’un public cible, les artistes installent leur dispositif à des endroits prédéterminés, le documentent, pour ensuite plier bagage et partir en vitesse vers un nouveau lieu d’exposition. Impossible pour le public de prendre la moindre photo, toute la documentation, photo, vidéo et textuel reste sous le contrôle des artistes. De même, dans la vidéo nous pouvons remarquer que les seuls utilisateurs de l’objet sont en fait les artistes eux-mêmes, ce qui élimine toute utilisation possiblement incorrecte du système, critique de la notion de hasard, présent dans plusieurs oeuvres participatives. À la fin de la tournée, le projet, détruit, ne vit qu’à travers sa documentation.

Finalement, en détournant les codes de la sculpture de parc, les artistes remettent en question la place de l’art au sein d’un public élargi. Cependant, en instaurant un contrôle médiatique, privant ce public d’une certaine expérience de l’oeuvre, pouvons-nous toujours parler d’art public ?

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Un commentaire»

  pratiquesactuelles wrote @

Si ce sont seulement ces deux créateurs qui peuvent profiter de cette oeuvre et être en relation avec, peut-être que ce n’est pas nécessairement une oeuvre publique. C’est ironique dans plusieurs sens oui, mais il n’empèche pas juste la possibilité d’un publique cible mais aussi à toute personne passant ?

De ce que je comprend, ca devient une oeuvre conceptuelle si on ne peut pas aller la voir, ni être en relation avec ?

Sarah Booth


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