L'art public : études de cas

Le blog des étudiants du cours FAM4500 (UQAM)

« Cycle humain » d’André Bécot par Valérie Côté

André Bécot est un artiste visuel né à Arthabaska, qui vit et travaille au Québec depuis 1972.  Durant sa carrière, il a pris part à plusieurs événements artistiques, notamment au symposium de sculpture  «Lachine, carrefour de l’art et de l’industrie», en 1985. Son œuvre, « Le cycle humain » (1985) est une représentation du type historique. Cependant, l’utilisation du ciment comme médium le confond au contexte urbain contemporain. C’est pourquoi elle fut exposée à l’entrée de la Bibliothèque municipale Saul-Bellow à Lachine. Cette œuvre d’André Bécot est interdisciplinaire, car elle est une illustration d’un mélange d’éléments et de références historiques et modernes qui nous mène à s’interroger sur sa représentation. De quelle manière le matériau et la notion historique dans « Le cycle humain » d’André Bécot rappellent la notion du temps? Nous étudierons et analyserons cette problématique à l’aide de notions de transversalité, d’appropriation et d’intégration, ainsi que de l’effet d’indécidabilité de l’oeuvre.

Le discours dans « Le cycle humain » à première vue est contradictoire. La transversalité se fait à travers la compréhension du contexte historique illustré par la représentation d’un énorme cadran solaire de l’époque Maya, face au matériau utilisé pour la création de l’œuvre. Au premier regard, la forme du cadran n’est pas évidente, car nous avons plus l’impression qu’il s’agit seulement de panneaux de ciment, devant supporter les bas reliefs représentant un jeune homme. La compréhension du mouvement du jeune homme à travers plusieurs étapes rapporte alors la notion du temps. Elles illustrent la naissance, l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte et la vieillesse. Cette illustration du passage à travers le temps mène à l’hypothèse chez le spectateur qu’il s’agit d’un cadran solaire battant le temps dans la vie d’un être vivant. L’appropriation et l’intégration de cet objet mythique et historique est une grande référence au temps qui s’écoule. Chaque panneau indique un passage, une époque, une période de sa vie, dans le but de faire comprendre aux observateurs que cela se produit en boucle à travers les âges, même après leur passage sur cette terre. L’endroit choisi pour l’exposé au public amplifie l’éloignement de la pensée du spectateur sur la représentation du cadran solaire, car les bâtiments entourant l’œuvre sont tous fabriqués avec la même matière. Donc, le rappel du ciment comme matériel courant dans la construction moderne nous fait oublier la notion du temps durable. Cependant, qu’il s’agisse d’un terrain où se situe une bibliothèque apporte un nouvel aspect temporel, et engendre une prise de conscience: les écrits restent, mais les écrivains partent.

Bref, par l’usage de notions historiques, d’un mode de pensée contemporain et d’un matériel moderne, «Le cycle humain» (1985) d’André Bécot peut être qualifié d’œuvre interdisciplinaire, car les sources utilisées pour produire cette œuvre se répondent l’une envers l’autre a fin de créer un tout. L’art est utilisé comme stratégie de communication pour transmettre la notion du temps. Le discours contradictoire de l’œuvre face au lieu d’exposition amplifie et justifie l’utilisation du cadran solaire, pour que la compréhension première de l’œuvre soit visible.

photo par valérie côté

 

 

Bibliographie:
http://ville.montreal.qc.ca/portal/page_pageid=678,1154687&_dad=portal&_schema=PORTAL&id=284
http://lachine.ville.montreal.qc.ca/bibliotheque/quisommesnous.htm#cyclehumain

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2 commentaires»

  André Bécot wrote @

Bonsoir Madame Valérie Côté

Un petit mot pour vous indiquer que votre texte sur mon travail est très juste.

Je vous invite à notre prochaine soirée au club des collectionneurs en arts visuels de Québec.Vous trouverez les informations sur mon site

Belle soirée.

André Bécot

  Jocelyne Thibault wrote @

C’est vrai que l’œuvre parle du temps. De la vie… et de la mort.
Organisée comme une demie-roue, on peut tout aussi bien imaginer que l’autre demie-roue est enfouie dans le sol. Il est intéressant de noter que les plaques de béton recueillent en bas-relief diverses étapes de la vie. Cela suggère-t-il que la partie enfouie parle de la vie après la mort? Qu’il y a d’autres étapes? Est-ce une forme d’indécidabilité : l’œuvre parle-t-elle de la vie ou de la mort?


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