L'art public : études de cas

Le blog des étudiants du cours FAM4500 (UQAM)

Echec et mat Place Emilie-Gambelin

Peter Gibson  allias Roadsworth,« Échiquiers sur dalles »,     Place Emilie-Gamblin, 2007

Peter Gibson  allias Roadsworth,« Échiquiers sur dalles »,

Place Emilie-Gamblin, 2007


Conçu par l’artiste Roadsworth et inaugurés en juin 2007, L’œuvre représente six échiquiers géant composés de 64 dalles, 32 noires et 32 grises.

Ce projet est une initiative de la Ville de Montréal par le biais du groupe Dada Diffusion Art actuel. C’est une œuvre participative qui a donné, donne et donnera lieu à un réseau d’autres activités. Par exemple durant l’été une série de concerts et de performances sonores ont eu lieu sur la place dans le cadre des « Jeudis d’Émilie ».

Le projet est donc composé de plusieurs éléments appartenant à différents médiums ainsi qu’en différentes phases. Par une description méthodique de ces différentes phases, on tentera de tisser des liens qui nous éclairons sur le caractère interdisciplinaire de cette œuvre et de savoir sur quel plan elle se révèle le plus efficace.

La première phase et le moment de la création de  l’œuvre qui comprend

En premier lieu une partie peinte réalisée par Roadsworth . Il y a  les échiquiers qui reprennent le dallage préexistant de la place qui fait référence à l’architecture, délaissée, de cette place.

C’est sur ce même damier que des pièces d’échec géantes sont peintes l’aide de pochoirs et de canettes de peinture. Cette pratique s’apparente au « Sreet art » par son mode opératoire et son lieu de diffusion. On peut également l’apparenter à une forme de ‘  «(post) pop art » par l’utilisation du symbole et la simplification, ou schématisation de la forme.

En deuxième lieu on a les pièces. On pourrait les apparenter à de la sculpture (par leurs formats imposants ?),  mais on aurait tendance à attribuer ce genre de réalisation à un artisan : il s’agit d’un modèle industriel en plastique thermo coulé … Une référence aux ready-mades de M.Duchamp ?

En tout cas tout est en place pour la deuxième phase. La notion de jeu entre en compte.Une notion chère aux artistes et c’est également ce qui permet du lien social un des objectifs de cette pièce.

En troisième lieu, on aurait donc des personnes de tout milieu social se rencontrent pour jouer aux échecs. Des touristes, des montréalais, étudiants de l’UQAM, qui est juste à côté, les clochards et toxicomanes pour qui la place et un QG la journée. C’est également là qu’est servie la soupe populaire tous les soirs.

On  y rencontre des « Cas soc. » comme on dit, ex dépendant aux drogues ou encore au jeu tout aussi bien qu’une famille de passage. Voir une fillette de 9 ans de bonne famille en découdre aux échecs avec un clochard mal rasé de 50 ans buvant « discrètement » sa bouteille de bière.

Viennent ensuite « Les jeudis d’Emilie » ainsi que d’autres événements ponctuels. Ce sont des événements réguliers dans le but d’accentuer et de renforcer les rencontre et de consolider le rôle social de l’œuvre.Un animateur a été engagé pour gérer les parties d’échec assurant ainsi la mixité des rencontres.

C’est donc le tout qui crée l’œuvre, une oeuvre jouable, une œuvre vivante.

À l’été 2009, vu que la peinture avait décollé, on a repeint les dalles, en noir et gris. On a encadré les damiers, chacun avec une couleur particulière. Un extrait de poème est inscrit dans la bordure lui donnant l’ aspect d’ activités manuelles effectuées par les enfants d’une école. On pourrait s’intéroger sur les arrangement de conservation de l’œuvre.

Mais en fait? Est-il encore pertinent de parler en termes d’art contemporain ici ? Il s’agit d’un projet social ça c’est sûr…Mais…

J’ai choisi cette œuvre car au début je voulais travailler sur une autre sculpture de la place, celle de Melvin Charney : « Gratte-ciel », cascades d’eau/rues, ruisseaux… ,1992Une œuvre commandée par la Ville de Montréal. L’installation est faite d’acier inoxydable, de béton, de granit noirs «Atlantic black» de la région de Mégantic.Elle est très grande ,17m,  et je ne l’ai jamais vue  en marche, à part une fois où j’ai vu quelqu’un uriner dedans, ce qui en rajoute à son état de délabrement. Elle me faisait l’impression d’une œuvre morte que personne  ne voyait plus.Puis sur la page place Emilie-Gamelin de Wikipédia j’ai vu que les échiquiers de la place, où je jouais tous les jours, étaient également une commande dans cadre d’un projet d’art public. Un lien m’a guidé directement sur la page du collectif Dada diffusion.

On peut dire qu’il s’agit d’un projet « d’art populaire ». Les échecs ne font pas forcément  référence à M.Duchamp et l’on ne théorise pas vraiment comme pour un Rirkrit Tiravanija. Pourtant les liens sont possibles.

Ce manque de référence et de questionnement intellectuel nuisent-ils à la qualité de cette œuvre ? Le projet ne figure pas sur le site de l’art public à Montréal est-ce parce qu’il n’est pas quotté dans le milieu « chic » de l’art art? En a-t-il quelque chose à faire d’être reconnu par ce milieu?

Ma  question serait donc la suivante : Est ce qu’une œuvre d’art contemporaine « plus classique » pourrait avoir la même efficacité auprès du public ?

Hadrien Rossier

 

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Références :

http://www.dadadiffusion.org/

http://www.roadsworth.com/

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