L'art public : études de cas

Le blog des étudiants du cours FAM4500 (UQAM)

L’Homo Urbanus de Éric Lamontagne par Priscilla Leclaire

Éric Lamontagne est un artiste d’installation, photographe et peintre. En 2005, il est choisi parmi plusieurs artistes émergents du Québec pour réaliser une œuvre dans le cadre de la politique de l’intégration des arts à l’architecture du gouvernement du Québec.  Elle fût acquise dans le cadre du programme 1 % pour l’art du gouvernement du Québec lors de l’aménagement du nouveau terminus d’autobus. L’artiste présente  l’Homo Urbanus, une œuvre proposant de la photographie installé de façon inusité. Il est possible de contempler cette œuvre à la station de métro Côte-Vertu, dans l’aile nord de l’édicule Côte-Vertu Nord. Il serait intéressant d’analyser de quelle façon la notion d’anonymat est traité dans l’œuvre de Lamontagne et ce en considérant la question sous trois aspects différents, tout d’abord par l’appropriation d’une certaine technique de présentation, ensuite par la mise en abîme  du concept de l’installation et puis, finalement, par la diffusion de l’œuvre en dehors du musée.

Tout d’abord, il faut souligner qu’avec  l’Homo Urbanus, Éric Lamontagne propose au spectateur et donc, du même coup, au simple voyageur du métro, une œuvre mettant en scène cent quatre-vingt-cinq personnages photographiés d’en moyenne quinze centimètres de hauteur. L’artiste traite chaque petite personne comme le ferait un collectionneur de papillons, c’est-à-dire que les photographies sont soigneusement placées sur un fond. Lamontagne utilise ici un miroir, et il emprunte le geste minutieux du collectionneur qui épingle au thorax ces bestioles. Si chacune de ses bestioles» sont positionnés de face et très près du miroir, elles ont cependant les yeux fermés.  De plus, il est intéressant d’observer  que l’artiste ajoute à son œuvre une plaque explicative où il est possible de permettre au spectateur de lire et de comprendre devant quoi il se trouve. Il y inscrit :   Pour montrer son désintéressement à toute agression, l’Homo Urbanus présente le dos à tout prédateur potentiel. Seul en transport en commun, l’Homo Urbanus pratique le mimétisme urbain qui reflète sur le devant de son corps son environnement immédiat pour se fondre dans l’anonymat de la foule. [1]»  Avec cette plaque, Lamontagne s’approprie l’effet d’une visite zoologique, où les visiteurs sont habituellement amenés à lire les informations sur les animaux dans les enclos. Il est évident que l’artiste tente de transporter le spectateur vers une problématique comportementale de l’individualisme humain dans le milieu urbain en lui rappelant ce même phénomène chez les animaux.

Ensuite, il est important de mettre en évidence que Lamontagne présente une œuvre d’art public qui met en scène ce même genre de public c’est-à-dire que l’artiste positionne chaque spectateur  dans le même groupe de ce qu’il est en train d’observer. Le spectateur est placé devant son propre spectacle de mimétisme urbain  lorsqu’il se place devant le miroir. L’observateur est amené à participer à l’œuvre en se mélangeant à cette foule d’individus inconnus. Il devient alors un autre de ses figurines anonymes et par le fait même un Homo Urbanus.

Puis, il est intéressant de mentionner l’importance du lieu de l’exposition de l’œuvre. Cette installation est intégrée à l’architecture de la station de métro et peut être totalement invisible pour certain des utilisateurs du transport en commun. Même si la pièce met en scène une foule de personnages, le voyageur n’est pas toujours spectateur. Ces cent quatre-vingt-cinq individus restent dans l’anonymat et réussissent à se camoufler grâce à l’intégration architecturale urbaine de l’œuvre.

Bref, en mettant l’accent sur le concept même de son œuvre, Éric Lamontagne réussi avec brio à présenter le phénomène de l’individualiste urbain du 20e siècle en attirant le spectateur vers son propre comportement mimétique. Il sera intéressant de se questionner sur l’impact de cette œuvre si elle était placée à l’intérieur des lieux institutionnels d’exposition d’art.

 


1 http://www.metrodemontreal.com/art/lamontagne/metro-f.html

 

l'Homo UrbanusL'Homo Urbanus

 

 

homourbanus1

 

Figures ci-dessus : Éric Lamontagne, L’Homo urbanus, 2005. Miroir, photographies. Hauteur 128cm × largeur 195cm.
Emplacement: Station Côte-Vertu, aile nord de l’édicule Côte-Vertu Nord. (http://www.metrodemontreal.com/art/lamontagne/metro-f.html)

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Un commentaire»

  pratiquesactuelles wrote @

Le lieu a certainement un impact sur la lecture de cette oeuvre . Dans un musée ou une galerie , le spectateur est généralement conscient de ce qu’il s’en va voir .
Dans un endroit public , dans sa routine , il se retrouve confronté autant à l’oeuvre qu’au comportement auquel fait allusion « L’homo urbanus ».

Amélie Audet


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