L'art public : études de cas

Le blog des étudiants du cours FAM4500 (UQAM)

Analyse de l’oeuvre publique L’attente, 2009,de Guillaume Lachapelle, par: Carine Morin

 

Parc Belmont

L’œuvre analysée ici s’intitule «L’attente», 2009, de Guillaume Lachapelle.  Il s’agit d’une sculpture composée de matériaux tels l’aluminium, le béton, le bronze ainsi que de divers autres métaux.

La sculpture est l’agencement d’une seule voiturette au milieu d’une petite cour dans laquelle elle ne peut réellement circuler.  Cette dernière est située dans l’arrondissement de Cartierville où jadis fut implanté le parc Belmont.  L’interdisciplinarité se ramifie dans le langage technique de la sculpture et celui de l’histoire des lieux et de ses références.  Voici une image pour appuyer ces dires.

Parc Belmontphotographe anonyme, ouverture du parc Belmont en 1923, source internet.

Ma problématique se pose donc comme suit :  en quoi l’emploi d’éléments identifiables, telle la voiturette de l’œuvre de Guillaume Lachapelle, «L’attente», 2009, renforce-t-il le caractère historique du site de cette œuvre?  Pour traiter cette question, nous analyserons la notion de l’intégration, puis celle de [l’indécidabilité ( la version de Patrice Loubier)] puis nous terminerons avec la notion de la simulation.

La notion d’intégration :

Il est clair qu’il y a intégration par la mise en espace d’un objet usuel comme «l’auto tamponneuse» et que cet élément est altéré par le matériau qui le compose, à l’occurrence du métal très lourd (certainement truffée de béton), et est ancré au sol.  La relation entre la reproduction et sa composition matérielle est primordiale et surtout symbolique.  J’interprète la légèreté du jeu, son amovibilité, son insouciance à l’oppression du métal qui permet de le confiner, de par sa durabilité, aux rigueurs du temps qui passe.  C’est le prix à payer pour qu’un parc, qu’une époque puisse s’inscrire dans l’histoire, même si cela semble ironique quant à l’origine de l’idée ici traduite.

Par cette opposition forte, mais révélatrice et facilement repérable, le spectateur est confronté à l’insertion de signes dans l’espace public.  On dissimule la fonction première épicurienne du wagonnet dans une cour froide, trop petite, et inexploitable pour ce dernier.  L’œuvre apparaît comme une anomalie pour la mémoire de cet emplacement parce qu’elle n’est pas utilitaire, ni même amusante, elle est simplement commémorative et à la limite ennuyante.

Commentaire :

Il faut savoir que le parc Belmont était la référence en matière de divertissement de 1923 à 1983, comme aujourd’hui l’est la Ronde.  C’est d’ailleurs cette dernière qui a sonné l’heure de la retraite de cet ancien lieu de récréation.

La notion de simulation

La sculpture simule le jeu, les visiteurs peuvent entrer dans la scène, s’asseoir dans le manège, l’expérimenter, mais rien ne bouge. Tout est statique.  Il y a une part de vrai parce qu’il est amusant d’être confronté à devoir s’asseoir sur le petit chariot pour l’expérimenter, de réaliser que notre corps d’adulte ne peut accéder au siège, faute de proportion. La représentation nous renvoie à nos souvenirs, de bons pour la plupart d’entre nous, mais il y a aussi une part de faux.  Il ne s’agit que de souvenirs, que d’un monument commémoratif d’où la fonction, de par sa mise en forme, n’est point de rester dans l’atmosphère des belles années du parc Belmont, mais de démontrer en quelque sorte, la brutalité du temps qui passe.   Il y a aussi la manière dont on a décidé de fermer le parc!  Le développement de la banlieue a pris le dessus.

L’artiste a hautement misé sur des symboles reconnaissables par tous pour passer un message à tous ceux qui ont vécu ou simplement ouï-dire comme moi de cette époque alliée à ce site festif qui est désormais occupé par une série de condominiums.

Le parc Belmont est un espace vert près de la rivière des Prairies.  Les lieux sont paisibles, voire vides, à peine meublés d’une sculpture un peu en retrait, et de très peu de visiteurs.  La nostalgie est omniprésente.  Il me semble que la génération qui a fêté cet endroit y réside aujourd’hui dans un tout autre état d’esprit semble-t-il?  Nous sommes tous à l’assaut du temps et parfois il présente qu’il est nécessaire de figer celui-ci dans un assemblage un peu insolite.  Le parc Belmont est aujourd’hui un lieu empreint de solitude, mais est-ce vraiment le reflet d’une génération précise qui y a vécu et qui vieillit?

Bibliographie :

Art public de Montréal, http://ville.montreal.qc.ca, visité le 7 octobre 2009.

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Un commentaire»

  pratiquesactuelles wrote @

Il s’agit d’une œuvre très intéressante. à prime abord, j’ai d’abord été frappé par son origine. Connaissant la pratique de Guillaume Lachapelle et sa maîtrise pour le miniature et la sculpture de minutie, c’est avec étonnement que je réalisa que la notion de jeu et de construction se retrouvait également dans cette oeuvre,malgré la différence de dimensions. Réflexion très intéressante sur le passage du temps et des états d’esprits..

Julie Dumas


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