L'art public : études de cas

Le blog des étudiants du cours FAM4500 (UQAM)

Révolutions, de Michel de Broin, par Gabrielle Lacroix Rioux

Lorsque vous approchez la station de métro Papineau, vous pouvez apercevoir Révolutions, de Michel de Broin, une sculpture en aluminium (500cm x 500cm x 850cm) créée en 2003 pour la ville de Montréal. L’œuvre se trouve à l’extrémité du Parc Maisonneuve-Cartier. De quelle manière l’œuvre Révolutions évoque-t-elle le paysage montréalais? J’analyserai l’œuvre sous trois aspects différents, soit l’interdisciplinarité, la diffusion et la réception.

D’abord, cette œuvre tridimensionnelle a été créée dans un processus et un esprit interdisciplinaires. L’artiste Michel de Broin joue d’abord le rôle d’anthropologue et d’historien puisque pour faire cette œuvre il a dû étudier le milieu où elle serait exposée afin de l’y intégrer et de le refléter. On voit tout de suite dans Révolutions les escaliers courbés caractéristiques de Montréal, cependant cet escalier est courbé à un tel point qu’il n’a ni début ni fin, rappelant le signe de l’infini. De notre position de spectateur, on se sent devant l’œuvre comme devant un manège qui s’apprête à partir, l’évocation du mouvement et la forme de l’objet sculptural faisant référence aux manèges grandioses de La Ronde. De Broin s’est donc inspiré de ces structures dans son processus créatif en étudiant le cartier. Il a dû ensuite aller chercher des spécialistes pour la réalisation de l’œuvre, soit des architectes et des gens qui travaillent le métal afin de construire cette structure symétrique d’aluminium.

Dans un deuxième temps vient la diffusion de l’œuvre. La sculpture de huit mètres de haut est installée en permanence au Parc Maisonneuve-Cartier, en face du métro Papineau. Je crois que l’œuvre s’intègre bien au milieu vu la couleur naturelle du matériau qui s’agence bien aux édifices et à la sobriété de l’entrée du métro et des arrêts d’autobus avoisinants, ainsi qu’aux pancartes et panneaux de signalisation. C’est un milieu public fréquenté et accessible puisque c’est un terminus d’autobus ainsi que l’entrée du métro, et c’est également situé à côté d’une épicerie. Révolutions sera certainement en place pour plusieurs années puisque l’artiste a utilisé un matériau de qualité, soit « [l’] aluminium marin, un alliage possédant une forte résistance à la corrosion et une solidité supérieure aux alliages standards. »

Dans un troisième et dernier temps vient la réception de l’œuvre. Je crois que cette œuvre est polysensorielle par sa ressemblance aux structures des manèges de La Ronde. Au premier coup d’œil, on est tenté de comprendre comment on pourrait grimper dans cet escalier impossible, puis quelque chose déclanche notre mémoire et on se souvient des battements de notre cœur, du bruit, des odeurs et de l’excitation qui accompagnent l’expérience des manèges. Il n’y a pas de doute sur l’identité de l’objet : c’est bien une œuvre d’art public. Le spectateur ne joue pas un rôle actif dans l’œuvre, c’est une expérience physique bien sûr puisqu’elle fait quand même 8 mètres de haut, cependant elle est inaccessible contrairement aux escaliers et aux manèges auxquels elle s’apparente.

L’œuvre de Michel de Broin évoque donc le paysage montréalais dans sa référence aux escaliers courbés et aux manèges de La Ronde, deux types de structures qui déplacent ou permettent le déplacement, à côté de la station de métro Papineau et du pont Jacques-Cartier. La polysensorialité sollicitée dans Révolutions ainsi que sa durabilité et son emplacement en font une œuvre d’art publique complexe. Si l’artiste avait fait en sorte que la structure soit en mouvement comme sa forme l’évoque, y aurait-elle gagné ou aurait-elle perdu tout son sens ?

Bibliographie

Métro de Montréal, http://www.metrodemontreal.com/art/debroin/revolutions-f.html, visité le 11 octobre 2009, document .pdf disponible en bas de page de la page 9 de l’édition du 12-14 septembre 2003

Le Devoir, http://www.ledevoir.com/2002/12/31/17378.html, visité le 11 octobre 2009

Michel de Broin, http://www.micheldebroin.org/projects/rev/4.html, visité le 11 octobre 2009
Revolutions

Michel de Broin, Révolutions, 2003, aluminium, Parc Maisonneuve-Cartier, Montréal (photographie tirée du site web de l’artiste comme indiqué dans la bibliographie)

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5 commentaires»

  Myriam Sylvestre wrote @

J’ai moi-même analysé l’oeuvre « Révolutions » de Michel de Broin et je trouve particulièrement intéressant et pertinent la notion de mouvement que tu associes à cette oeuvre. Je ne crois cependant pas que la structure de Michel de Broin aurait gagné à s’animer car, justement, notre imagination se charge de remplir ce rôle, ce qui laisse davantage de latitude à l’interprétation personnelle de tous et chacun.

Myriam Sylvestre

  Gabrielle Lacroix Rioux wrote @

Merci! je ne crois pas non plus que la sculpture de Michel de Broin gagnerait à bouger, surtout que pour une scupture permanente proche d’une entrée de métro, ça serait non seulement dangereux mais compliqué et probablement que des gens aurait essayé de monter ou quelque chose.. Je pense que de voir une structure un peu « ronde » s’associe automatiquement à un mouvement donc je ne pouvais pas m’empêcher de l’imaginer, mais laisser la chance à tout et un chacun de l’interpréter est bien mieux que de donner tout cru les réponses au spectateur 🙂

  pratiquesactuelles wrote @

Je trouve intéressant le lien que tu fais avec Le Ronde d’autant plus que le site ce situe a proximité. Cependant, je crois que la référence historique au développement de la ville de Montréal par la construction de logements ayant des escaliers extérieurs comme intérieurs est beaucoup plus forte, car depuis la colonisation et l’industrialisation de la ville les fondateurs on dirigé la ville pour qu’elle soit une métropole de locataire. En observant cette œuvre, j’imagine plus le développement de la ville, le mouvement de la population et bien sure le fait que Montréal est toujours en changement.

Valérie Côté

  Gabrielle Lacroix Rioux wrote @

Une métropole de locataire? c’est intéressant comme information (il faudrait que le système d’éducation nous glisse quelque part un cours d’histoire de montréal, après tout on vit ici il me semble qu’on devrait connaître l’histoire de notre ville..). Je n’avais pas pensé au mouvement de la population mais c’est un point important, toute la population a été en contact avec un de nos chers escaliers un jour ou l’autre.

  jennifer poitras wrote @

Je trouve particulièrement intéressant le lien que tu fais avec les escaliers typiques de Montréal. En effet, c’est une particularité architecturale de notre ville. Beaucoup d’appartements jouissent d’un escalier extérieur. Normalement, la cage d’escalier est intérieure. Il n’est pas rare non plus d’observer des cages d’escaliers extérieures qui deviennent intérieures. Ce type d’architecture fait parti du caractère pittoresque de notre ville.


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