L'art public : études de cas

Le blog des étudiants du cours FAM4500 (UQAM)

Être ou ne pas être-Elise R.Guilbault

La publicité prend de plus en plus de place dans la vie de chacun de nous. Le regard étant sans cesse sollicité, il devient difficile de discerner publicité, œuvre et imagerie sans prétention artistique. Pour ce travail, j’ai choisi une édification que je considère comme œuvre, mais qui n’avait probablement aucune intention artistique lors de sa création. J’affirme ce fait de par son aspect usuel et de par l’anonymat de ses réalisateurs. En appliquant le questionnement à l’œuvre analysée, la problématique suivante se soulève : en quelles mesures un travail interdisciplinaire aussi complexe qu’un bâtiment urbain peut-il être considéré comme une œuvre d’art? J’aborderai l’analyse dans le même sens que Patrice Loubier dans son texte Embuscades et raccourcis[1].

La piste cyclable entre Longueuil et St-Hubert, construite parallèlement à la voie principale, devient une construction circulaire. Constituée principalement de métal et de béton, cette route cyclable et piétonnière croise un réseau ferroviaire et une autoroute.

En la regardant en contre-plongée, tout comme en étant à son plus haut point, la tour est extrêmement impressionnante. Cette impression concorde avec les avancées de Lupien[2], elle déverrouille des sens de l’individu qui se trouve In Praensentia de l’édification. Visuellement, la réalisation se compare à la tour de Babel, car elle semble s’élever pour se rendre jusqu’au ciel. Ce sentiment s’accentue par l’effort que le spectateur doit investir pour gravir la pièce; il faut pratiquement monter le monument en un jet.  La couleur jaunâtre de son éclairage nocturne donne une prestance à l’édification, un aspect mythique s’en dégage. La forme circulaire de la pièce rappelle une arène de jeu. Même si le bâtiment ne semblait être édifié qu’à des fins pratiques et que le détenteur du projet n’avait probablement aucune intention artistique, l’œuvre d’art réside dans la subjectivité du regard. On ne peut tirer une ligne entre les considérations vraies ou fausses de cette pièce.

En art public comme ailleurs, seul le regardeur décide ce qu’il considère être un œuvre.  Le souci d’esthétisme et le design intégré aux bâtiments urbains ne peuvent que rendre les activités quotidiennes plus agréables. Si l’on considère les constructions comme étant des œuvres d’art, croyez-vous que les gens qui forgent ces dernières doivent être à leur tour considérées comme des artistes? Où se trace donc la limite de l’artiste?

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Bibliographie

  • LOUBIER, Patrice, Embuscades et raccourcis, formes de l’indécidable dans l’art d’intervention contemporain,12 pages.
  • LUPIEN, Jocelyne, « L’intelligibilité du monde par l’art » in Espaces perçus, territoires imagés en art, Caliandro, Stefania (dir.), Paris : Harmattan, Pages 15 à 35.
  • LAFFONT, Robert, Dictionnaire des symboles (mythes, rêves, gestes, formes, figures, couleurs, nombres.), Paris, Éditions Jupiter, 1986.

Lien Internet

Numéro pour joindre le ministère du transport du Québec

  • (450) 677-8974

[1] LOUBIER, Patrice, Embuscades et raccourcis, formes de l’indécidable dans l’art d’intervention contemporain,

 

12 pages.

[2] LUPIEN, Jocelyne, « L’intelligibilité du monde par l’art » in Espaces perçus, territoires imagés en art, Caliandro, Stefania (dir.), Paris : Harmattan, Pages 15 à 35.

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3 commentaires»

  pratiquesactuelles wrote @

Bravo pour l’originalité de votre choix!
Par contre, j’ai l’impression que cet « édifice » est bel et bien une oeuvre d’art architecturale mais je ne comprends pas en quoi elle en devient interdisciplinaire d’un point de vue des arts visuels.

Gabrielle O. Murphy

  Jacinthe Chevalier wrote @

Très original comme choix en effet.

Je trouve ça d’autant plus intéressant car j’habite à deux pas de cette passerelle et bien que je l’utilise d’abord et avant tout dans sa fonction de base, celle de traverser la route et les rails, j’ai toujours trouvé que c’était plus que ça comme structure. Je ne sais pas si je parlerais nécessairement d’une œuvre d’art interdisciplinaire mais dans sa fonction ou plutôt, dans la manière dont les gens l’abordent je trouve qu’il y a quelque chose qui entre un peu la-dedans malgré tout. C’est sur cette passerelle que plusieurs personnes du cartier se réunissent l’été pour observer les feux d’artifices de la ronde. J’ai souvent croisé des photographes, venant prendre quelques clichés de la circulation sous la structure ou bien du coucher de soleil. Il y a aussi beaucoup de graffitis qui changent au gré du temps et des saisons. Ta photo ne montre pas la structure complète malheureusement mais j’ai toujours bien aimé sa forme qui me fait penser aux petites branches de vignes (ou de je ne sais quoi) qu’on retrouve dans la nature tout près de là. Un peu comme si nous étions des fourmis et qu’on avait placé une branche couchée pour passer par dessus une craque quelconque.

😛

Jacinthe Chevalier

  Sandrine Côté wrote @

Cette réflexion sur la distinction entre art et non-art est très intéressante, tout comme d’ailleurs, votre sujet d’étude. Ce questionnement à propos de ce qui est considéré comme oeuvre et ce qui ne l »est pas est omniprésent et toujours d’actualité dans le milieu de l’art mais je crains que cette question demeure irrésolue de par le franchissement constant des frontières qui cerneraient cette notion de distinction entre l’oeuvre et le simple objet, l’ architecture ou l’action.

Sandrine Côté


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