L'art public : études de cas

Le blog des étudiants du cours FAM4500 (UQAM)

JOËLLE MOROLOSI DE CUIVRE ET DE CHIMÈRE par Gabrielle O. Murphy

L’œuvre étudiée dans ce billet s’intitule De cuivre et de chimère (ANNEXE 1) et a été réalisée en 1995 dans le cadre de l’exposition « Terre gravide… émergence », une exposition entièrement féminine soulignant l’ouverture du parc Marie-Victorin situé sur les berges du Saint-Laurent à Longueuil et le 20e anniversaire de l’Année internationale de la Femme. (MARIGOT, 2009) L’œuvre a été réalisée par Joëlle Morolosi en collaboration avec Rofl Morolosi, elle est faite de plusieurs sortes de métal (acier, aluminium, cuivre, inox) et est construite en deux temps. Tout d’abord, il y a trois panneaux métalliques évoquant une proue de bateau qui vont rejoindre un mat d’aluminium. Au bout du mat est installée une tête de dragon articulée par un moteur. L’artiste a une démarche essentiellement axée sur des projets mobiles et mécanisés et doit donc être à l’aise en mécanique. Dans De cuivre et de chimère, il faut déterminer de quelle manière l’artiste arrive à intégrer l’idée de l’émergence qui était le sujet de l’exposition. Pour ce faire, la question sera étudiée sous trois aspects différents : la notion d’appropriation, les matériaux utilisés pour construire l’œuvre et aussi la réception de cette dernière.

Tout d’abord, l’artiste affirme « Traduire l’eau par la matière ». (MARIGOT, 2009) Pour elle, l’eau devient un grand champ lexical. Elle fait le lien entre l’eau et ce qui en émerge, soit le bateau. À l’aide de sa tête de dragon mouvante, elle reproduit le mouvement de l’eau. (MARIGOT, 2009) Elle s’approprie l’idée du bateau Vicking car selon elle, en plus d’émerger de l’eau, celui-ci émerge aussi de l’imaginaire. La représentation du dragon devient alors un symbole puissant permettant de faire le lien entre la mystique perpétrée par le symbole et le double sens de cette représentation. En effet, historiquement, la tête animale sur le Drakkar permettait de conjurer le mauvais sort mais aussi d’accompagner un défunt dans la mort. (MARIGOT, 2009)

Pour représenter le Drakkar, Joëlle Morolosi a utilisé trois bandes de métal symbolisant la proue du bateau faites d’acier qui change avec le temps et par duquel émergent alors une nouvelle matérialité et la notion de vieillissement. Par l’utilisation du métal, elle transmet aussi la force et la puissance qui sont deux notions associées aux Vickings.
De plus, le métal, un matériau solide, sort de la terre qui est un matériau souple ce qui crée un contraste assez affirmé.

Lorsque l’on est en présence de l’œuvre, on est d’abord frappé par le mouvement de la tête du dragon. La cinétique place alors le spectateur en situation presque hypnotique car cette dernière recrée le mouvement de la mer. De plus, comme l’artiste n’a pas représenté le bateau au complet, le spectateur a le sentiment d’être devant un navire qui est en train de sortir des flots, d’où la notion d’émergence. La disposition du rempart de gazon devant l’œuvre, fortuite ou non, renforce l’idée du mouvement d’onde liée à l’eau.

Par le sujet de l’œuvre, le traitement du lieu et des matériaux et la mécanique intégrée à son travail, Joëlle Morolosi intègre fermement la notion d’émergence propre à l’exposition. En effet, le Drakkar émerge des profondeurs historiques pour s’intégrer physiquement au lieu en émergent de la terre. Le mysticisme qui est véhiculé par l’œuvre est bien rendu par le mouvement hypnotique et la symbolique historique de la tête de dragon. Il serait intéressant de réfléchir plus longuement à la disposition de l’œuvre dans l’espace et à l’utilisation des connaissances historiques et mécaniques qui sont nécessaires à l’artiste pour confectionner ses œuvres.

 

Médiagraphie

–          SOCIÉTÉ HISTORIQUE DU MARIGOT, « De cuivre et de chimère », http://www.marigot.ca , (Page consultée le 10 octobre 2009)

–          SOCIÉTÉ HISTORIQUE DU MARIGOT, « Le parc Marie-Victorin et ses sculptures », http://www.marigot.ca/site/m11.htm,
(Page consultée le 10 octobre 2009)

–            UNIVERSITÉ LAVAL, « Joëlle Morolosi à la galerie des arts visuels », http://www.scom.ulaval.ca/Au.fil.des.evenements/2000/03.30/arts.html, (Page consultée le 12 octobre 2009)

–          VILLE DE MONTRÉAL, « Joëlle Morolosi »,
http://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/PAGE/ARR_OUT_FR/MEDIA/DOCUMENTS/PROGRAMMATION%20GAO%202009-2010.PDF, (Page consultée le 10 octobre 2009)

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