L'art public : études de cas

Le blog des étudiants du cours FAM4500 (UQAM)

Le Cycle Humain, par Véronique Proulx



Photographie par Véronique Proulx

C’est à la bibliothèque municipale Saul-Bellow, Lachine, que nous pouvons admirer l’oeuvre permanente d’André Becot, Le cycle humain. ( figure 1a et b) La sculpture est une immense demie roue à pales, cinq pales plus précisément. À chacune des pales est intégrée une silhouette soit de face, soit de dos. L’artiste a choisi le ciment fondu pour réaliser cette pièce. Le choix de cette oeuvre repose sur son interdisciplinarité, l’artiste amène un coté très industriel et  architectural à une pièce qui demeure profondément rattachée à des valeurs artistiques académiciennes. Comment le choix des matériaux et la représentation dans le cycle humain vient interféré, jusqu’à se contredire, dans la lecture de l’oeuvre d’André Becot? Nous tenterons de répondre à cette question en nous basant sur l’aspect la création et sur deux notions différentes, soit la simulation et l’indécidabilité.

Le choix du ciment fondu pour cette réalisation amène une ambiguïté dans la lecture de par les différents rendus du ciment. D’une part, les pales ont une texture brute, souvent apparentée au béton de construction, utilisé en architecture. D’autre part les silhouettes vont chercher un fini beaucoup plus délicat et susceptible de nous rappeler l’utilisation des ciments fondus dans l’Art, autant pour les grandes statues de la Renaissance que pour les bustes plus contemporains. La notion de temps est très présente dans l’oeuvre d’André Becot, il est incontournable de faire part du temps relatif à la réalisation de ce type de projet avec ce matériau. Le ciment fondu étant lui-même très long à travailler.

Cette notion de temps vient aussi se manifester dans la forme dominante de la roue. En fait , c’est plus une simulation de la roue, une simulation de mouvement, ces cinq pales y font immédiatement référence. Avec les représentations très idéalisées des silhouettes humaines mises sur les faces de ces pales, nous faisons face à cette notion du temps qui passe. Le cycle humain montre cinq silhouettes: les trois premières plus référence à l’être humain qui se développe, l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte,( figures 2,3,4) elles donnent l’impression d’émerger du ciment pour aller de l’avant, toujours en lien avec le mouvement suggéré de la roue. Les deux autres pales nous offrent plutôt des personnes de dos, enfoncées dans le béton. Si nous suivons toujours le mouvement de la roue, elles nous amènent plus vers la décrépitude et la déchéance du corps, soi le vieillissement et la mort, le retour à la terre.( figures 5 et 6)

L’emplacement de l’oeuvre le cycle humain est extérieur pour une raison très évidente, elle perdrait énormément de sa valeur iconographique si le soleil ne pouvait pas la percuter pour donner une ombre portée qui nous représente la roue sous une forme complète. Le lien entre la réalisation matérielle et le titre en est que plus fort.  Les pales sont en béton coulé d’une manière très impersonnelle et qui se rapproche plus du chantier de construction que de l’expression artistique. Les silhouettes par contre nous donnes à penser un milieu de l’art très exigent et ancestrale. Les personnages sont très idéalisées et tous identiques entre eux.

Pour conclure, nous dirons que la lecture de l’oeuvre est influencée par la subtilité du travail des matériaux et sa mise en place dans l’espace. Le lien entre le titre et la réalisation est suffisamment explicite pour comprendre la subjectivité de l’artiste.

Est-ce que dans l’art contemporain le titre doit absolument donner un lien suggestif ou peut-il pousser à réfléchir sur un autre degré de l’oeuvre?

Bibliographie

Le portrait officiel de la ville de Montréal, http://ville.montreal.qc.ca , visite le 13 octobre 2009

Publicités

2 commentaires»

  pratiquesactuelles wrote @

Formellement, je vois dans ce livre ouvert une mise en abîme plutôt forte de ce lieu de savoir qu’est la bibliothèque sur l’oeuvre. D’autre part, il ne faut pas négliger, par ce rappel de la roue à aubes, une référence directe au patrimoine maritime et le rôle clé qu’a joué le canal Lachine, situé à proximité, sur le développement de Montréal.

Thierry Labonté
thierry_labonté@hotmail.com

  Jocelyne Thibault wrote @

Un élément qui m’interpelle dans cette œuvre est l’échelle avec laquelle l’artiste a choisi de travailler. Si l’on se fie à l’échelle de grandeur des passants, sur le trottoir, par rapport aux corps sculptés sur les pales, il semble vraiment que l’artiste ait respecté l’échelle humaine. Il y a donc une interpellation forte du fait que l’on puisse s’y identifier, mais il y a aussi indécidabilité, car les corps nus nous ramènent plutôt vers l’intemporalité et l’anonymat.
Sur la question du titre par rapport à l’œuvre, c’est une question importante, à laquelle cependant je n’ai pas de réponse. Il peut être intéressant dans une œuvre plus abstraite d’avoir un titre terre-à-terre qui contraste et nous « ground », tandis qu’une pièce plus explicite peut être enrichie d’une titre plus poétique, qui ouvre l’interprétation.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :