L'art public : études de cas

Le blog des étudiants du cours FAM4500 (UQAM)

Paws takes Bishop par : Isabel Marceau

Pawn takes Bishop (2007) est une création de l’artiste Peter Gibson, mieux connu sous le pseudonyme de Roadsworth.   Situé au parc Émilie-Gamelin, l’œuvre peinte au pochoir est constituée de  damiers d’échec géant s’intégrant aux carrés de granit de la place centrale. Réalisé grâce au financement d’art public Vill’Art Marie et du groupe Dada Art actuel, elle fut instaurée afin de redonner vie à un endroit déserté du centre-ville. Comment, la reprise des codes du jeu et de ses notions contribue à l’anonymat de Pawn takes Bishop face à son statut d’œuvre d’art? Nous étudierons la question sous trois aspects distinct soit;  la diffusion de l’œuvre, la réception du public et l’indécidabilité qu’elle provoque.

Pawn takes Bishop est en contradiction directe avec notre relation face à l’art muséal, en plus d’être facile d’accès et gratuite, elle entretient un contact directe et physique dans son dialogue avec le spectateur. En effet, celui-ci est invité à marcher  directement sur  » la toile » de Roadsworth. Au niveau de sa diffusion, l’œuvre est située dans un parc public ou  elle est incorporée au lieu sous forme d’un  jeu d’échec au niveau du sol. Les damiers simplement peints sur le granit, sont automatiquement associés par les spectateurs aux tracés faits dans une cours d’école comme par exemple, ceux de marelle. Nous pourrions le qualifié d’objet Tricsker[1] et c’est justement ce qui vient brouiller les pistes de sa réception car,  il y a ici coexistence de deux réalités;  jeu et art. L’œuvre invite les gens à participé de façon interactive entre eux. Elle accorde une place privilégiée à son spectateur, contrairement à l’art traditionnel qui se place souvent au premier plan. Ici Roadsworth met en scène l’être qui l’observe. Installation In situ sans cadre signalétique, Pawn takes Bishop résiste à l’identification grâce à sa discrétion. En effet, par sa réalisation à l’aide de moyen simple (pochoir) et par sa volonté de mimétisme du jeu, l’œuvre reste anonyme pour la plupart de ses visiteurs. Elle est exposée sans que son titre ou son auteur ne soient cités comme il serait identifié dans un musée, voici une raison du sentiment d’indécidabilité chez le spectateur qui a besoin pour la plupart du temps, de ses formalités afin d’orienter sa compréhension.

En axant son travail sur la reprise des codes du jeu d’échec et en proposant au public de participer à l’expérience sans lui mentionner visuellement ses qualités artistiques, l’œuvre de Roadsworth rappel l’importance de questionner l’utilisation du lieu. Premièrement, mise en place pour redonner vie au parc Émilie-Gamelin et créer un sentiment d’appartenance chez les montréalais, l’œuvre introduit un élément surprenant  dans un environnement uniforme et prévisible. Selon Roadsworth; «Déclarer  son existence c’est la chose la plus naturelle au monde, surtout dans le milieu urbain qui essai d’homogénéiser notre identité »[2]. Si l’expression de l’être est viscéral afin de se différencier de la masse en arts visuels en est-il de même dans les autres disciplines ou bien  est-ce exclusif au domaine artistique ?

Bibliographie

Article de périodique :

  • Caron, Jean-François, «La face cachée de la ville», Le Voir, Septembre 2007.
  • Paré, Isabelle, «Un échiquier géant pour la place Émilie-Gamelin», Le Devoir, Mai 2007.

Site internet :

 

Télédiffusion :

  • Mange ta ville, L’urbanité, saison 1, Artv.
  • Mange ta ville, L’espace publique, saison 4, Artv.
  • Bons baisers de France, Radio Canada.

 

Radiodiffusion

Vous êtes ici rencontre, Peindre la rue, 13 novembre 2008, Radio Première


[1] Jean-Philippe Uzel, « Les objets tricsker de l’art actuel », dans L’indécidable, écarts et déplacements de l’art actuel, sous a direction de Thérèse St-Gelais, Montréal, Éditions Esses, 2008, p.39-50.

[2] Entrevue à l’émission Mange ta ville, L’urbanité,  saison 1, ARTV

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8 commentaires»

  Hadrien wrote @

 » En effet, par sa réalisation à l’aide de moyen simple (pochoir) et par sa volonté de mimétisme du jeu, l’œuvre reste anonyme pour la plupart de ses visiteurs. « …
ça c’est sûr car les dessins au pochoir de l’artiste on été complètement effacé et non rafraichis. D’ailleurs sur la photo que tu nous présente ils ne sont pas présent non plus, il ne reste plus que l oeuvre de DADA Diffusion.

  pratiquesactuelles wrote @

C’est une oeuvre qui a vraiment donné un second souffle à ce parc qui est mal exploité( et un peu louche d’ailleurs…) Roadsworth a créer une oeuvre polysémique car elle peut aussi bien représenter un immense échiquier pour les adultes, qu’un énorme terrain de jeu pour les plus jeunes. J’appuie le commentaire précédent que par ‘sa volonté du mimétisme du jeu, l’oeuvre reste anonyme’ .

  pratiquesactuelles wrote @

Cette oeuvre brise les frontières sociales qui sont présentes dans notre société; riche, pauvre, sans-abri…L’autre, l’étranger, devient à travers le jeu d’échec, quelqu’un. Cette oeuvre performative, dont l’expérience est unique à chaque fois, touche à la fois la philosophie, la politique et le social.

  pratiquesactuelles wrote @

p.s. Le dernier commentaire était de Catherine Sarrazin, ahah je pense que je ne comprends pas trop le système du blogue…

  pratiquesactuelles wrote @

En fait, c’est justement ce caractère indécidable (oeuvre, jeu, air punlic) du projet qui permet aux citoyens de l’arondissement de se réapproprier le parc. L’artiste ne leur donne pas une oeuvre public, mais une projet polysémique qui invite le spectateur à lui donner sa propre interprétation.

Élise Massy

  pratiquesactuelles wrote @

Ce qui me marque le plus de cette œuvre est très simple c’est l’emplacement de cette œuvre. Depuis que je suis toute jeune j’associe les parcs a tout ce qui est ludique ( balançoire, terrain de baseball, tourniquet etc), mais cette œuvre met en place un jeux d’échec que nous associons immédiatement a un jeu d’intérieur et a un jeu stratégique. C’est pourquoi je crois que l’artiste a choisi ce jeu par stratégie afin de produire l’appropriation de ce parc qui est selon moi inexploité in-adéquatement. Il choisi un jeu stratégique pour développer un lieu stratégique de la ville autant du côté historique que présent. La référence à la guerre du jeu d’échec me fait faire un lien direct avec les activités illicite qui se passe dans ce parc.

valérie côté

  Marie-Pier Paquette wrote @

De mon point de vue, cette œuvre met en abime le spectateur puisqu’il doit faire partie intégrante de l’œuvre pour que, celle-ci, fonctionne. De par le format des jeux d’échec, les pions on une corrélation direct avec la physionomie du spectateur. Cette mise en abime du spectateur est créé par son intégration à l’œuvre et par sa similitude avec les pions. Cela amène le spectateur à créer, à chaque partie d’échec, une nouvelle et différente œuvre.

  pratiquesactuelles wrote @

cette oeuvre est tres interessant parce qu’elle explore les arcanes de la sociabilité et de l’interaction. c’est un oeuvre qui joue sur la sphère des relations interhumaines.

Ivan Mateus


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