L'art public : études de cas

Le blog des étudiants du cours FAM4500 (UQAM)

Révolutions, Michel de Brouin par Sabrina Desmarteau

Michel de Brouin, Révolutions, 2003, Aluminium, Parc Maisonneuve-Cartier
/ Station de métro Papineau. ( photographie de Michel E. Tremblay )

C’est par le biais d’un projet d’aménagement par la ville de Montréal, en collaboration avec la STM que Révolutions fera son entrée dans le parc Maisonneuve-Cartier à proximité du métro Papineau. À la fois sculpturale et architecturale cette installation se veut une œuvre interdisciplinaire prenant la forme d’un escalier en tourbillon. Mesurant huit mètres de haut, l’œuvre de l’artiste Michel de Brouin, réalisée en aluminium en 2003 se dit être le résultat d’une étude portant sur la métropole. En quoi les fonctions et les significations associées au travail de Révolutions ont un lien direct avec l’identité du paysage montréalais? Cette question sera traitée sous trois aspects différents, ceux de la diffusion, de la mise en abîme et de la pastiche.

Diffusion :

S’ajoutant à la collection d’œuvres d’art public de la ville de Montréal, Révolutions à sa place dans un parc public en bordure du boulevard de Maisonneuve. C’est au moyen de son emplacement que l’ensemble des éléments entourant l’œuvre répond avec l’identité du paysage montréalais en utilisant trois symboles de la métropole. En premier lieu, cette forme aux courbes vertigineuses est identifiable à celles des manèges de la Ronde. En deuxième lieu, cet écheveau de marches rappelle les escaliers mécaniques du métro. En troisième lieu, cette même forme résonne avec les structures de métal du pont Jacques-Cartier. Révolutions possèdent elle-même des structures de métal qui de par son choix de confection en aluminium marin, permet à l’œuvre un alliage possédant une forte résistance à la corrosion et une solidité supérieure aux alliages standards. Une sculpture d’art public vivant à l’extérieur exige certaines mesures quant à la conservation de l’oeuvre pour la maintenir en bon état. Aussi, étant visité par un grand nombre de personnes chaque jour, la confection d’ Évolutions se doit d’être résistante et par conséquent, sécuritaire.

Mise en abîme :

Dans une pratique dans laquelle la sculpture apprivoise l’architecture, Évolutions incruste une image en elle-même de l’escalier extérieur courbe, qui marque l’identité montréalaise. De manière à représenter de façon générale le procédé traditionnel à la réalisation de ce type

d’escalier, Michel de Brouin utilise la forme du limon  qui sera d’abord découpée pour être courbée. Cette mise en abîme de l’escalier agit comme composante achitechturale typique du paysage urbain montréalais.

Pastiche :

S’appartenant aux formes de Escher, Révolutions suggère une pastiche. Ressemblant aux formes impossibles de l’anneau de Moebius, Michel de Brouin nous offre à son tour un jeu de trompe-l’œil. Ce qui nous fait souvenir que tout ce qui monte redescend, au rythme des transformations. Le paysage montréalais est sujet à de multiples transformations décrivant cette idée. La métropole est en développement, certains bâtiments sont détruit pour laisser la place à d’autres, symbole de la révolution. Ici le terme révolution évoque deux significations. En premier lieu, il indique la rotation d’un corps dans cet espace fictif qu’a créé l’artiste. En un deuxième lieu, le terme révolution évoque l’avènement de changements dans notre environnement tel que l’aménagement de ce projet artistique dans le parc Maisonneuve-Cartier.

En mettant l’accent sur les similitudes des formes présentent dans l’œuvre et dans la métropole, Révolutions résonne de l’architecture de Montréal, faisant naître un faisceau d’associations qui inspirent les spectateurs à l’identité montréalaise.  Si l’oeuvre Révolutions de Michel de Brouin se trouvait dans une autre ville, de quelle manière percevrait-on l’oeuvre différemment?

Notice bibliographie :

Livre :

De Blois, Nathalie, Michel de Brouin, Canada, ABC livres d’art Canada, 2006

Articles de périodique :

Labelle, Guillaume, «DESIGN PAR RELATIONS Pratiques informatiques de la géométrie»,
ARQ Cahier de la jeune arcjitecture, No 137, nov. 2006, p. 30-40

Uzel, Jean-Philippe, «Michel de Brouin : l’éclaireur éclairé», Espace, No 60, été 2002, p. 40-
41

Site Internet :

Lamarche, Bernard, le Devoir.com, http://www.ledevoir.com/2002/12/31/17378.html, visité le
12 octobre 2009

Rocher, Claire, INFO STM,  http://www.stm.info/info/infostm/2003/030912.pdf , visité le 12
octobre 2009



Maurits Cornelis Escher, L’anneau de Moebius, 1963, Gravure sur bois de
bout rouge, noir et vert sur papier japon vergé.

Advertisements

4 commentaires»

  Patricia Asselin wrote @

Tout comme toi, je trouve que l’oeuvre Révolutions représente avec brio le paysage urbain de la ville de Montréal. L’utilisation des symboles et des matériaux choisis avec soin par l’artiste contribue en grande partie à cette effet.

Ton analyse de l’oeuvre est brillante et m’a donné envie d’aller voir Révolutions dès que j’en aurai l’occasion.

Patricia Asselin

  pratiquesactuelles wrote @

ton analyse est super intéressante, surtout le fait d’aborder les matériaux et leurs importance à l’intérieur de la diffusion. La mise en relation avec les escaliers electriques et les manèges de la ronde sont très efficace selon moi pour illustrer ton point de vue.

bravo 😛
Isabel Marceau

  pratiquesactuelles wrote @

J’ai été agréablement surprise d’apprendre – et de prendre conscience -, en lisant l’analyse, que Révolutions est une pastiche de L’Anneau de Moebius. Je n’avais jamais lu cette oeuvre d’art public de manière à pouvoir la comparer à la gravure de Maurits Cornelis Escher. Il est ultra intéressant et particulièrement pertinent de tisser des liens entre ces deux ouvrages. Bravo à l’auteur de l’analyse pour cette observation. En tenant compte de l’oeuvre première à laquelle renvoie Révolutions, il est encore plus prenant de noter le dialogue entre les hauts et les bas de la ville, sa construction versus sa décontruction, ainsi que son perpétuel mouvement d’évolution.

Janie Belcourt

  Marie-Eve Blais wrote @

Je considère que, en plus que de reprendre un concept de Cornelis Escher et de rappeler l’architecture des structures environnantes, cette oeuvre amène une réflexion sur le sens de nos déplacement. Elle nous pose la question : où allons-nous? Pourquoi continuer d’essayer de monter? monter où? avancer? est-ce reculer?
Sa situation géogaphique dans le quartier du Sud-Est est bien choisie. Quand la vie a l’air de mener nulle part… cela ramène aux choses plus essentielles 😉


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :