L'art public : études de cas

Le blog des étudiants du cours FAM4500 (UQAM)

Alain Paiement, Mosaïque fluide; Expansion. Gabriel L. Savage

L’UQÀM possède plusieurs oeuvres d’art publique à même sa structure, dans ses pavillons et sur son campus. Parmi elles, une des plus récentes, Mosaïque fluide et Expansion, créée en 2005, est l’oeuvre d’Alain Paiement, photographe bien connu du milieu artistique québécois. Elle est située au pavillon des sciences biologiques de l’UQÀM, un pavillon construit récemment, au design innovateur et à l’accès restreint. L’oeuvre peut se lire en deux temps: au rez de chaussé, on peut observer Mosaïque fluide, et au niveau métro, l’autre moitier de l’oeuvre, soit Expansion. L’oeuvre en deux temps est en fait une composition photographique de grande envergure représentant des bulles de savon, seules ou groupées, dans des prises de vues macro. L’oeuvre, à caractère intermédiatique, intègre des notions propre au langage de la photographie et suggère une parentée à la science. De quelle manière l’oeuvre Mosaïque fluide et Expansion d’Alain Paiement dresse-t-elle un parallèle en l’art et la science? Nous étudierons l’oeuvre Mosaïque fluide et Expansion sous les aspects de la création, la diffusion et la réception.

L’oeuvre Mosaïque fluide et Expansions présente un univers de bulles de savons photographiées sur un fond sans détail, uniforme. Mosaïque fluide est un univers chargée, une structure complexe et détaillée, tandis que Expansion est une juxtaposition espacée de bulles seules ou en petits groupes, sur un fond bleu uni qui annule toute perception de l’espace ou de profondeur de champ. Il s’agît d’impressions à jet d’encre sur supports en polyester montées sous acrylique de grande dimensions, installées sur de long murs, contribuant ainsi à l’immersion du spectateur dans l’oeuvre. Le résultat final est extrêmement propre et asceptisé, ce qui accentue la relation avec l’établissement, d’une grande propreté.

La thématique est en deux temps. D’un côté, l’oeuvre propose un macro d’un univers difficilement visible à l’œil qui permet de comprendre la structure, le système des bulles et de la mousse, son expansion à la fois ordonnée et chaotique. Paiement nous oriente vers l’univers de la science, des expériences. On note aussi qu’en physique, on étudie les lois de l’optique qui régissent notre perception de la lumière, les réfractions, la courbure des lentilles, etc. Ceci en lien avec des notions à caractère photographique, puisque la photographie est avant tout un exercice complexe scientifique pour capter la lumière et l’imprimer sur pellicule ou l’enregistrer numériquement. L’artiste est le concepteur et le créateur de l’oeuvre dans son intégralité et aberration optique trace un parallèle entre le geste artistique et le phénomène scientifique de l’optique. Il devient donc entremetteur en quelque sorte puisqu’il y a mise en abîme lorsqu’on y retrouve la présence du photographe en hors champs dans la réflexion des bulles: Elles réfléchissent leur environnement lors de la prise de vue, incluant parfois la lentille de la caméra et l’artiste. L’oeuvre est donc en deux temps une réflexion de son environnement original de création ainsi que référence au contexte scientifique dans laquelle elle se trouve.

L’oeuvre Mosaïque fluide et Expansion, d’Alain Paiement, est selon moi un exercice habile de mise en relation entre des notions artistique propre à la photographie, tels que le hors-champs, la profondeur de champs, la réfraction, la perspective, etc. ainsi qu’à des idées et de l’imagerie scientifique tels que les cultures bactériennes, les schémas cellulaires, la physique optique, etc.

Advertisements

2 commentaires»

  Sabrina Desmarteau wrote @

Bonjour Gabriel,

j’adore l’idée d’avoir choisi une oeuvre d’art public présente à l’UQAM. Dès demain je vais allé voir cette oeuvre qui m’était inconnue alors qu’elle se trouve tout les jours juste à côté de nous. Il est très intéressant que l’oeuvre touche plusieurs diciplines tel que l’art, la science et la physique. Aussi, j’aime beaucoup le résultat visuel. On a peine à croire que c’est de la photographie.

C’est super de connaître une nouvelle approche de la photographie.

Sabrina

  pratiquesactuelles wrote @

Il est effectivement plus qu’intéressant et de surcroît fort pertinent de retrouver les oeuvres Mosaïque fluide et Expansion au pavillon des sciences biologiques de l’UQAM. C’est à savoir que l’univers très intellectuel des sciences peut trouver un dialogue appropré avec l’expressivité créative des arts, ce qui, à priori, n’est pas nécessairement chose aisée. L’interdisciplinarité dans ces deux travaux d’Alain Paiement est remarquable. Les liens visuels que le spectateur peut faire entre la photographie et la division cellulaire me font penser à la simulation de laboratoire de Michal Rovner. Dans les deux cas, l’univers propre et asceptisé ainsi que le fort clin d’oeil à la culture bactérienne rendent justice à la démarche et au propos des artistes.

Janie Belcourt


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :