L'art public : études de cas

Le blog des étudiants du cours FAM4500 (UQAM)

Temple, Damien Hirst, de Philippe C. Lefebvre

L’oeuvre publique qui sera ici analysée, s’appelle Temple. C’est une sculpture, fait en bronze peint, éditée 1 de 3 et signée Damien Hirst. L’œuvre, datée 2008, s’est retrouvée cet été à Kiev, en Ukraine, dans la cour extérieure du PinchukArtCentre. Temple est une sculpture mesurant 260 pouces de haut et d’une largeur de 130 par 78 pouces de profond. L’œuvre prend place au milieu de centres commerciaux et des restaurants. Celle-ci était temporairement installée, faisant partie de l’exposition Requiem (Retrospective de Damien Hisrt, Kiev, 2009). Elle était en relation avec l’art publique et la sphère sociale. À travers cette œuvre, une problématique se présente : De quelle manière, l’œuvre Temple, de Damien Hirst, tisse des liens entre le monde de la science et celui de la culture? L’analyse se penchera sur la façon dont Hirst fait acte d’appropriation, de pastiche et d’indécidabilité, à travers son œuvre. Cette Sculpture sera décomposée sous son aspect de création, de diffusion et de réception. Une interprétation répondant à la question énoncée plus haut viendra conclure ce résumé.

À travers la création de l’œuvre, Hirst s’approprie le champ visuel des sciences médicales, en particulier, les schémas du corps anatomique. La référence au modèle anatomique humain est directe et presque exhaustive, si ce n’est que du changement d’échelle effectué. L’œuvre se situe autour des notions de transdisciplinarité et d’interdisciplinarité. Interdisciplinaire, car pour créer sa sculpture, l’artiste s’inspire des méthodes de représentation de la science et de la biologie. Elle est aussi transdisciplinaire, car elle se retrouve entre l’art et la science.  Temple utilise le langage plastique des arts et le champ visuel de la science anatomique. La diffusion s’effectue grâce à l’esthétique sous la forme d’une simulation. Tout d’abord, l’œuvre utilise un code propre à l’établissement et au musée d’art. Hirst apporte un soin particulier à sa sculpture, en la présentant sur un socle noir brillant. Celle-ci, représenté par un homme tronqué sous l’entre jambes, ainsi qu’une absence de bras, pastiche la sculpture de personnages classiques. Ensuite, la simulation de l’objet éducatif, visant à nous apprendre les parties du corps, fonctionne, puisque l’œuvre ne renvoie pas à autre chose que cela.  Alors, lorsque le public se trouve en contact avec l’œuvre, il comprend tout de suite ce qui est représenté. L’œuvre n’éduque pas, mais utilise plutôt l’iconographie de la biologie humaine comme sujet d’étude. En ce qui concerne son emplacement, l’artiste a choisi d’installer sa sculpture à côté d’un centre commercial brouillant, de cette façon, le sens de l’oeuvre. Le public peut se questionner sur le statut de celle-ci, hésitant entre un act de promotion publicitaire sur la santé ou une œuvre d’art dans un espace extérieur. Cette dualité joue sur des notions de vie, de mort, de santé, montrant l’être humain sous un angle de fragilité, mais en même temps, le représentant tout puissant. Une indécidabilité intervient, quant à savoir, si l’objet qui appartient à la science, où au monde le l’art.

L’artiste effectue un détournement quant au rôle d’éducatif de l’objet initial, pour modifier le regard que l’humain pose sur ces schémas anatomiques. À l’aide de stratégie, comme le changement d’échelle, le pastiche et l’appropriation faite par l’artiste, le spectateur est amené à se question sur la relation entre l’art et la science. Damien Hirst est un artiste interdisciplinaire, voire transdisciplinaire, car il crée un art indéterminable, se situant à la limite de l’éthique morale, avec des œuvres plus audacieuses, telles que ses animaux morts, immergés dans le formole.

Bibliographie

Victor Pinchuk, Eckhard Schneider, Michael Bracewell, Damien Hirst – Requiem, Ukraine, Other Criteria/PinchuckArtCentre, 2009, 183 pages

Basarab Nicolescu, Encyclopédie de l’agora, http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Transdisciplinarite, visité le 12 octobre 2009

Wikipedia, http://en.wikipedia.org/wiki/Damien_Hirst, visité le 13 octobre 2009

Michael Bracewell, Eckhard Schneider, PinchukArtCentre, http://pinchukartcentre.org/en/exhibitions/past/8826, visité le 13 octobre 2009

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2 commentaires»

  Marie-Eve Blais wrote @

Cette oeuvre rappelle aussi ce que la science considère être un être humain. Scientifiquement, nous ne sommes qu’un agencement complexe d’organes qui interagissent entre eux. En même temps, cela questionne le spectateur sur sa propre essence. En effet, peut-on réellement résumé l’homme par une maquette d’organes? Sommes-nous plus qu’un corps? Sommes-nous rendus des êtres dépourvus de conscience, agissant comme des poupées de plastique, réagissant de manière prévisible. L’emplacement dans le centre d’achat, au tour des commerces me semble particulièrement évocateur. Le corps est-il rendu une marchandise ? Il s’agit d’une représentation du corps assez commune des livres de biologies ou des jeux d’apprentissage, mais de l’élever en tant qu’oeuvre d’art sur un socle en change totalement la signification.

  marie-claude lepiez wrote @

oh wow. j’veux cette oeuvre sur mon terrain !


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